Chapel Hill


Chapel Hill prépare actuellement un ciné-concert autour du film Dementia, de John Parker: plus d'infos ici.


www.chapelhill.fr

 

Chapel Hill, Caroline du Nord, est la ville où Nathan Symes est né ; Wangen, Alsace, celle où il vit aujourd’hui. Au fil des ans, l’acquisition d’un solide jeu de guitare et la composition de chansons vont devenir pour Nathan le trait d’union entre les deux cultures et les deux continents qui l’ont vu grandir.

Le groupe Chapel Hill voit le jour en 2005 à Strasbourg et se fait vite un nom dans le Grand Est et en Allemagne pour la qualité de ses prestations scéniques, que viennent épauler deux premiers albums parus sur le label Cosmopolite Records : Songs to Die For en 2009 et If These Wings Should Fail Me en 2010. La stabilisation du line-up ainsi qu’une série ininterrompue de 300 concerts aboutissent en 2013 à One for the Birds, troisième album d’un groupe arrivé à maturité dans son projet musical.


photo Bartosch Salmanski - www.m4tik.fr
photo Bartosch Salmanski - www.m4tik.fr

ONE FOR THE BIRDS

Découvrir One for the Birds, le nouvel album de Chapel Hill, c’est prendre le risque d’ouvrir la boîte de Pandore. En onze chansons, il vous expose à tous les sentiments et à toutes les embardées de l’âme humaine. Parce que One for the Birds est pétri d’un romantisme noir comme une nuit sans lune, parce qu’on y entend les chuchotements des veillées, la pluie sur les champs labourés, le grincement du parquet sous le pas des amants, la féminité, la solitude du péché et les remords, mais aussi de grands éclats de rire… One for the Birds vous renverse, tout simplement.

Chapel Hill fait du rock : une musique au sang mêlé orchestrée par des bandits de grand chemin. Sa pulsation, c’est le battement du cœur et Nathan Symes avec ses trois complices en font leur seule source d’inspiration : qu’il soit exalté, meurtri, soupirant, revenu d’entre les morts, leur cœur continue de battre, inexorablement. Chapel Hill revisite les souvenirs de la légende dorée du rock’n’roll dans une production moderne et sèche à la fois, au plus proche de la peau.

Dès l’ouverture, nous sommes dans la maison Chapel Hill, recueillant sur une superbe mélodie la confession d’un homme hanté par son passé, qu’un sifflement et l’arrivée de cordes semblent secrètement soulager (« This House »). Mais nous ne restons pas longtemps là, puisque « Miss Brown » offre ses charmes orientaux pour accompagner la marche folk titubante d’un amant désillusionné. La folie guette au coin de la rue où s’échouent, dans le bien nommé « Artificial Club », les perdants magnifiques revenus de dérives nocturnes (« Get the Party Going ») que le rock sombre de Chapel Hill fait briller d’un noir éclat. Il y a comme une odeur de fin du monde - cette fin du monde que l’explosif « Lordy » met en scène sur un beat embrasé. Nous roulons pied au plancher vers les routes de l’Enfer, où « The Ballad of Omie Wise », traditionnel américain revisité dans sa plus simple expression, se conclut dans un torrent de larmes. L’ombre de Bob Dylan plane le temps d’une reprise magnifique de son « Seven Curses », pour s’enfoncer aussitôt dans la moiteur blues du « Hoochie Coochie Man »  de Willie Dixon. Nous avons approché les tréfonds de l’âme humaine et ne remonterons plus : la pourriture qui imprègne l’inquiétant et sinueux « Garbage » interdira tout retour, et laissera les questions irrésolues se dissoudre dans la pluie (« Not Coming Home »). Le constat est lucide et sans appel : ce qui s’offre à l’homme, en définitive, pour traverser l’existence, est amour ou folie, comme l’indique le second traditionnel et dernier titre du disque « On Top of Old Smokey ».

Chapel Hill, dans ce troisième album tout en détours, n’a de cesse de remonter aux confluences de la folk et du rock : folklore irlandais, blues chicagoan, airs traditionnels, murder ballads, garage rock sont enchâssés dans de subtils arrangements qui soutiennent un songwriting arrivé à une forme d’évidence et qui laisse se déployer comme jamais le chant souverain de Nathan.

Chapel Hill réussit avec One for the Birds un album d’une grande simplicité dans ses fondements et d’une belle sophistication dans sa facture, sa direction artistique et son interprétation.

 

Les prises de son et le mixage sur matériel analogique réalisés entre l’Ardèche (Studio d’Etables) et l’Alsace (Studio Deaf Rock) par Jean-Sébastien Mazzero, valorisent la chair des instruments et rendent chaque geste musical presque palpable, construisant des espaces sonores tout en clairs-obscurs et contrastes tamisés.

La direction artistique, fruit de patients échanges entre le groupe, Jean-Sébastien Mazzero et Grégory Dargent (compositeur et membre du Grand Ensemble de la Méditerranée, guitariste et coloriste sonore pour Babx et L) fait la part belle aux silences, aux suspens, et glisse des sonorités venues d’ailleurs dans l’entité basse-guitare-batterie-violon du quatuor. Oud, accordéon, violoncelle apportent de l’étrangeté et de la sensualité à l’univers nu de Chapel Hill, que le mastering délicat de Darcy Proper aux Studios Wisseloord, Hollande achève de magnifier.

Les musiciens œuvrent à donner à chaque chanson sa juste mesure : le groupe produit une musique comme revenue aux origines, d’avant la technologie. Il n’est qu’à voir le groupe scène pour être en convaincu : il n’y a pas de concert de Chapel Hill qui ne soit animé par un amour profond de la musique et de ce qu’elle charrie depuis les débuts de l’humanité. Emmené par le jeu guitaristique et la voix singulièrement prégnants de Nathan, le groupe impose une présence scénique qui marque par l’énergie, le mélange de rigueur et de sensualité qui s’en dégage. Car il faut bien l’admettre : il est impossible d’oublier un concert de Chapel Hill. 

Chapel Hill a trouvé sa demeure avec One for the Birds. Celle d’un rock sensuel et habité, qui embrasse toute la condition humaine et revisite amoureusement l’histoire d’un genre musical qui n’est jamais aussi riche que quand on le dit mort.


One for the Birds a été produit par Cosmopolite Records, avec le soutien de l'ADAMI et de la SPPF.

La création scénique, assurée par Poodle Productions, a bénéficié du soutien du Ministère de la culture (DRAC Alsace), de la ville de Strasbourg et du département du Bas-Rhin.

La tournée, montée par Du bruit au balcon Productions, a obtenu le financement de la SPEDIDAM.